Boualem Sansal déconstitue l’ensemble de ses avocats et annonce assurer sa défense seul !
L’écrivain algérien Boualam Sansal, détenu au pavillon pénitentiaire du CHU Mustapha Pacha, a adressé une lettre au juge pour déconstituer l’ensemble de ses avocats.
Publié : 26 février 2025 à 13h23 par La rédaction
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L’écrivain Boualem Sansal, actuellement en détention au sein du pavillon pénitentiaire du CHU Mustapha Pacha à Alger, a récemment adressé une lettre au juge d’instruction dans laquelle il annonce sa décision de se passer d’avocat et d’assurer seul sa défense.
Cette décision, qui concerne notamment Me Zimeray, a été confirmée par Me Mohamed Baghdadi, bâtonnier d’Alger, qui insiste sur le fait que l’écrivain « jouit de tous ses droits à la défense ».
Une défense assurée malgré l’absence de Me Zimeray
Dans un entretien accordé au journal algérien El Watan, Me Baghdadi a précisé que Me Zimeray, qui s’était présenté comme l’avocat de Boualem Sansal, avait sollicité son aide pour constituer une équipe d’avocats en Algérie.
Trois pénalistes, dont un avocat très expérimenté, ont ainsi été proposés pour assister l’écrivain. Selon le bâtonnier, la défense s’est déroulée sans incident et l’équipe locale rendait compte régulièrement à Me Zimeray ainsi qu’à lui-même.
Cependant, l’absence prolongée de Me Zimeray en Algérie, due à des difficultés pour obtenir un visa, a pu compliquer son rôle. « L’assistance se fait en présentiel, notamment lors des auditions et des procédures devant le juge d’instruction », rappelle Me Baghdadi. Il souligne toutefois que la procédure judiciaire en cours ne dépend pas uniquement d’un avocat et que la défense de Boualem Sansal a été assurée tout au long du processus.
Une décision surprenante et des accusations jugées infondées
La décision de Boualem Sansal de se défendre seul a pris de court ses avocats. « Il a écrit au juge d’instruction pour annoncer la déconstitution de l’ensemble de ses avocats, y compris Me Zimeray », confirme Me Baghdadi. Pourtant, ce dernier affirme n’avoir eu connaissance d’aucune pression exercée sur l’écrivain.
Certaines accusations relayées par Me Zimeray, selon lesquelles Boualem Sansal aurait été incité à récuser son avocat en raison de sa confession juive, sont jugées « surprenantes » par Me Baghdadi.
« Je n’ai reçu aucune plainte en ce sens, sinon mes confrères me l’auraient immédiatement signalé », assure-t-il. Il rappelle également qu’en tant que bâtonnier, il ne tolérerait aucune atteinte aux droits de la défense.
Pas de grève de la faim, un traitement toujours en cours
Contrairement à certaines rumeurs relayées dans les médias, l’écrivain n’a pas entamé de grève de la faim. « Il y avait évoqué cette possibilité, mais étant sous traitement, cela aurait été préjudiciable à sa santé », précise Me Baghdadi.
Le protocole médical suivi par Boualem Sansal pour son cancer donnerait même de « bons résultats », ce qui rendrait improbable l’hypothèse d’un arrêt volontaire de son traitement.
Un appel à plus de transparence
Face aux nombreuses spéculations autour de cette affaire, le bâtonnier plaide pour une meilleure communication afin d’éviter les désinformations. « Le silence et l’obligation de réserve ne font qu’alimenter la polémique », estime-t-il.
En attendant, Me Baghdadi réaffirme que l’écrivain reçoit régulièrement la visite de sa famille et que ses droits sont respectés. « Il est essentiel que toute cette affaire soit traitée avec le plus de transparence possible, afin que la vérité ne soit pas déformée par des interprétations extérieures », conclut-il.