Crise franco-algérienne : l’Algérie appliquera "une réciprocité stricte et immédiate" !
Dans un communiqué officiel, Alger rejette les restrictions imposées par la France et prévient qu’elle appliquera des mesures équivalentes en réponse.
Publié : 28 février 2025 à 14h15 par La rédaction
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L’Algérie a réagi fermement à la détérioration des relations avec la France, soulignant qu’elle n’a pris l’initiative d’aucune rupture et qu’elle laisse à Paris « la responsabilité pleine et entière » de l’escalade actuelle.
Dans un communiqué officiel du ministère des Affaires étrangères, Alger déplore la tournure prise par cette crise diplomatique et accuse la France de violations répétées des accords bilatéraux.
Des mesures françaises jugées abusives
Selon les autorités algériennes, les tensions sont exacerbées par « le recours abusif et arbitraire aux décisions administratives d’éloignement des ressortissants algériens ». Ces mesures, selon Alger, privent les personnes concernées des voies de recours que la législation française est censée leur garantir. L’Algérie insiste sur son attachement aux conventions existantes et au respect des engagements internationaux en matière de protection consulaire.
Alger rappelle également que « le droit français, les conventions bilatérales, le droit européen et le droit international » sont en sa faveur, et affirme que les manquements constatés sont imputables à la partie française.
Rejet des « ultimatums » et menaces de réciprocité
Face aux restrictions imposées par Paris, l’Algérie rejette catégoriquement « les ultimatums et les menaces ». Le communiqué met en garde contre une réponse immédiate et proportionnée : « Elle appliquera une réciprocité stricte et immédiate à toutes les restrictions apportées aux mobilités entre l’Algérie et la France ».
L’Accord de 1968 en ligne de mire
L’Algérie prévient que toute remise en cause de l’Accord de 1968 – qui encadre les conditions de séjour, de travail et de circulation des Algériens en France – entraînera une réponse proportionnée.
Alger considère que cet accord a été « vidé de toute sa substance » et annonce qu’en cas de révision unilatérale par Paris, elle remettra en question d’autres accords et protocoles similaires.
L’Algérie laisse également entendre qu’elle pourrait aller plus loin en adoptant d’autres mesures dictées par la défense de ses intérêts nationaux.
Une crise politique sur fond de tensions avec l’extrême droite française
Le communiqué accuse « l’extrême droite française revancharde et haineuse » d’être responsable de la détérioration des relations entre les deux pays. Alger estime que ces tensions sont exploitées à des fins électoralistes et dénonce une instrumentalisation des relations bilatérales à des fins « politiques indignes ».
Alors que les relations entre la France et l’Algérie sont régulièrement secouées par des différends historiques et migratoires, cette nouvelle crise pourrait durablement affecter les échanges entre les deux pays.