Immigration : Jean-Noël Barrot propose une réduction des visas à l’échelle européenne !

Le ministre des Affaires étrangères propose une réduction collective des visas pour les pays refusant de reprendre leurs ressortissants expulsés.

Publié : 26 février 2025 à 13h14 par La rédaction

Jean-Noël Barrot
Crédit : Jean-Noël Barrot - Facebook

Alors que la question du contrôle de l’immigration est au cœur des débats politiques en France, le chef de la diplomatie, Jean-Noël Barrot, a annoncé vouloir renforcer la pression sur les pays qui refusent de réadmettre leurs ressortissants en situation irrégulière.

Lors de son passage sur France 2 ce mercredi 26 février, il a déclaré vouloir proposer une mesure concertée à l’échelle européenne pour limiter la délivrance des visas à ces États récalcitrants.

Une politique de visas plus stricte et collective

Pour Jean-Noël Barrot, les restrictions de visas appliquées uniquement par la France se sont révélées inefficaces. « Si un pays ne coopère pas avec les autorités françaises, je vais proposer que tous les pays européens en même temps puissent restreindre leur délivrance de visas », a-t-il affirmé. L’objectif est de mettre en place une réponse commune afin d’accroître la pression sur ces États.

À l’inverse, les pays qui acceptent de faciliter le retour de leurs ressortissants en situation irrégulière pourraient bénéficier d’avantages économiques. « Un pays qui améliore sa coopération » pourrait ainsi voir « une baisse des droits de douane », une mesure qui, selon lui, représenterait « un levier particulièrement puissant » au niveau européen.

Le ministre a également évoqué la nécessité de renforcer les mesures judiciaires à l’égard des étrangers en situation irrégulière. Il souhaite donner au juge la possibilité de décider du placement et du maintien en rétention d’un individu pour des « motifs d’ordre public ». À l’heure actuelle, la loi ne permet pas une telle mesure, ce que le ministre juge « inacceptable ».

Crise diplomatique avec l’Algérie : des sanctions prises par la France

Cette annonce intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre Paris et Alger. La veille, Jean-Noël Barrot a confirmé sur BFMTV que « des restrictions » de circulation et d'accès au territoire français ont été imposées à certains dignitaires algériens. Il a précisé que ces mesures étaient « réversibles » et prendraient fin dès lors qu'un dialogue efficace serait rétabli entre les deux pays.

Le ministre des Affaires étrangères n’a toutefois pas donné de détails sur la date d’application de ces restrictions ni sur le nombre de personnes concernées. Il a justifié cette décision par la volonté de « défendre les intérêts des Français », citant notamment le cas de l’écrivain Boualem Sansal, incarcéré en Algérie, ainsi que la nécessité d’améliorer la réadmission des Algériens en situation irrégulière.

Face à cette crise, Jean-Noël Barrot se dit prêt à renforcer ces sanctions si les discussions avec Alger n'aboutissent pas. « Mais je le ferai toujours à bon escient et sans nécessairement en faire la publicité », a-t-il précisé.

Une réunion interministérielle sous haute tension

Ces annonces interviennent quelques heures avant la tenue d’un Conseil interministériel de contrôle de l’immigration, où les tensions diplomatiques et les nouvelles orientations en matière de politique migratoire seront discutées.

La volonté affichée par le ministre des Affaires étrangères de coordonner la politique des visas à l’échelle européenne pourrait ainsi marquer une évolution dans la stratégie française.