Restrictions d’accès en France : l’Algérie exprime sa "surprise" et menace de mesures de réciprocité !
Alger exprime son incompréhension face à des mesures jugées contraires aux accords bilatéraux et menace de réciprocité.
Publié : 26 février 2025 à 15h27 par La rédaction
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L’Algérie a réagi avec fermeté aux récentes restrictions d’accès au territoire français visant certains dignitaires algériens. Ces mesures, annoncées par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, concernent des titulaires de documents de voyage spéciaux qui, selon les accords bilatéraux en vigueur, sont exemptés de visa.
Dans un communiqué officiel publié ce mercredi 26 février 2025, le ministère algérien des Affaires étrangères a exprimé son « étonnement » et sa « surprise » face à cette décision dont il assure ne pas avoir été informé et qui est en contradiction avec les engagements prévus par l’article 8 de l’accord franco-algérien sur l’exemption réciproque de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques et de service.
Une décision unilatérale qui suscite des interrogations
Les autorités algériennes affirment ne pas avoir été officiellement mises au courant de ces nouvelles restrictions, hormis dans deux cas récents. Le premier incident avait déjà fait l’objet d’une demande d’explications de la part d’Alger, à laquelle Paris avait répondu en exprimant ses regrets, qualifiant l’événement d’« incident malheureux » lié à un dysfonctionnement dans la chaîne de commandement. Un second cas, plus récent, fait actuellement l’objet d’une demande de clarification adressée aux autorités françaises.
Le communiqué souligne que cette décision unilatérale s’inscrit dans un climat de « provocations, intimidations et menaces » visant l’Algérie. Le gouvernement algérien met en garde contre toute mesure portant atteinte à ses intérêts et prévient qu’il y répondra par des mesures de réciprocité « strictes et immédiates ».
Un contexte politique tendu
Au-delà de la question des visas, Alger voit dans cette situation une instrumentalisation politique du dossier migratoire en France. Le ministère des Affaires étrangères algérien estime que l’Algérie est devenue un enjeu dans les luttes internes à la scène politique française, où « tous les coups bas politiciens sont permis », sous l'influence de « l’extrême droite, instigatrice et référente de cette dynamique ».
Cette approche, selon Alger, ne se limite pas aux débats politiques, mais touche également certains membres du gouvernement français, ce qui pourrait « avoir des conséquences incalculables sur la relation algéro-française dans toutes ses dimensions ».
Vers une escalade diplomatique ?
Alors que les tensions entre les deux pays se sont déjà manifestées ces dernières années sur des sujets tels que la mémoire coloniale, l’immigration et la coopération sécuritaire, cette nouvelle controverse vient ajouter un point de friction supplémentaire.
L’Algérie attend désormais des explications officielles de la part de Paris et prévient qu’en l’absence de réponse satisfaisante, elle prendra des mesures équivalentes à l’encontre des ressortissants français bénéficiant d’exemptions de visa. Un nouvel épisode qui pourrait, une fois de plus, compliquer les relations entre les deux États.